procrastination

Je suis le prince de la procrastination. C’est un péché qui me guette sans cesse. Je ne remets jamais au lendemain ce que je peux faire… le surlendemain.

Gyles BRANDRETH
Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles p. 74

Comme monsieur Jourdain a dit de la prose durant des années sans le savoir, j’ai pratiqué la procrastination bien longtemps avant de découvrir ce terme. Comme nous l’apprend Wikipedia, la procrastination (du latin pro et crastinus qui signifie « demain ») est une tendance à remettre systématiquement au lendemain des actions qu’on devrait idéalement réaliser le jour même. Comme par exemple celle de tenir son blog à jour… C’est donc cette tendance à la procrastination qui fait que mon blog possède déjà un trou de 13 jours… Eh oui, puisque le lendemain n’est jamais que la veille du surlendemain, reporter à demain revient parfois à remettre sine die.

Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquaient : je suis en retard de la critique de trois romans et de deux pièces de théâtre. C’est promis, cette fois, je m’y remets !

A quand mon roman ?

Même téléphoner à ces foutus ouvriers tu en es incapable ! Oui c’est ça, retourne dans ta saleté de bureau ! Enferme-toi avec tes bouquins ! Va jouer les artistes tourmentés ! Si au moins tu nous le pondais enfin ton roman ! Je serais curieuse de jeter un œil à ton ordinateur !

Nicolas Marchal
Les conquêtes véritables – p. 20

Ah que je comprends Nicolas Marchal. Et que mon épouse comprend la sienne ! Moi non plus, je n’apprécie guère de téléphoner aux ouvriers. Moi aussi j’ai pour habitude de me réfugier dans mon bureau, au sein de mes livres.

Mais Nicolas Marchal, son premier roman, il l’a déjà publié ! En 2008, pour être précis. Et depuis, il en a même publié un deuxième ! Alors que l’ébauche du mien traîne dans une armoire depuis de trop nombreuses années.

Cessons de nous attrister sur notre sort. Je viens enfin de me remettre en écriture ; je viens même de terminer dans les temps (de justesse : la date limite est demain !) un court texte (trois pages) pour le concours Le plus beau testament. Je ne me fais guère d’illusions, mais n’a-t-on pas coutume de dire que c’est l’intention qui compte, que l’important c’est de participer ? Mais surtout, l’essentiel, c’est d’avoir repris la plume. Il ne me reste plus qu’à retrouver les premières pages de ce premier roman et de le remettre sur l’établi…

Comparaisons 001

Enfant, je collectionnais les timbres-poste. Aujourd’hui, je voudrais commencer une nouvelle collection : les comparaisons, si possible les plus surprenantes.

Elle regardait Malcolm d’une façon étrange, comme si elle venait de marcher dans une crotte.

Debra Ginsberg
Cherche auteur désespérément – p. 301

Sympathique pour Malcolm !

Et quelques pages plus loin, une autre perle :

Le désir m’a envahie avec la force d’un piano dégringolant d’un gratte-ciel.

Debra Ginsberg
Cherche auteur désespérément – p. 301

Quand l’amour vous tombe dessus, rien ne lui résiste !

Les conquêtes véritables – (4ème)

On lira attentivement ce qui nous est livré ici sur cette quête acharnée, dérisoire et immense à la fois, conquête toujours insatisfaite, toujours recommencée, et toujours, pour une part, incommunicable. Hommage vibrant à la littérature. Derrière des vitraux sombres, démodés, on écrit des livres sans même savoir s’il fait beau dehors, ou s’il pleut. (Révérence, encore, à Rimbaud : « Je suis le savant au fauteuil sombre. Les branches et la pluie se jettent à la croisée de la bibliothèque. ») Faisait-il beau dehors, ou pleuvait-il, tandis que Nicolas Marchal se lançait dans ses conquêtes véritables ? Peu importe sans doute. Mais qu’il nous offre encore, de derrière des vitraux sombres, démodés, d’autres romans d’une telle élégance et d’une telle légèreté.

Paul Emond

Étrange quatrième de couverture, qui ne dit rien de l’ouvrage, mais qui se contente des derniers mots de l’élogieuse préface de Paul Emond. Bien sûr, cette préface au-delà d’être dithyrambique, est particulièrement pertinente, mais je ne suis pas certain que c’est là le moyen le plus accrocheur pour persuader un futur lecteur d’ouvrir ce premier roman d’un jeune auteur, paru d’ailleurs dans la collection Auteur à suivre, qui ne publie que des premiers romans. Mais heureusement pour Nicolas Marchal, Les conquêtes véritables ont été récompensées par le prix Première, décerné par la RTBF.

Challenge Premiers romans

Alors que je suis en train de terminer Cherche auteur désespérément, je viens de réaliser qu’il s’agit du premier roman de Debra Ginsberg. Opportuniste comme je suis, j’ai vu là l’occasion rêvée de m’inscrire au Défi premier roman, organisé par Anne. Comme son nom l’indique, le challenge consiste à lire les premiers opus d’auteurs connus ou pas. D’ici le 31 décembre 2012, je devrais bien réussir à en lire cinq, et je m’inscris donc en catégorie Envoie ton manuscrit. Et comme pour les autres challenges, j’espère bien y arriver en puisant largement dans ma PAL !

L’art d’être grand-père

Non, ce n’est pas une erreur, ce n’est pas le billet d’hier que je recopie.

Ce n’est pas non plus parce que j’ai deux yeux que j’ai envie de faire deux clins d’oeil à notre ami Victor. Non, tout simplement, il se fait que tout comme j’ai deux yeux, j’ai également deux filles…

Bienvenue donc à Jeanne, qui est née un jour après sa cousine Héloïse.

Leçon d’optimisme

Hier soir, au prieuré de Malèves-Sainte-Marie, veillée pascale particulièrement prenante, articulée autour de chansons et textes de Jacques Brel. Il y eut bien sûr le merveilleux et inusable Quand on n’a que l’amour (1956), mais aussi Il nous faut regarder, un texte plus ancien (1954) et un peu moins connu, que j’adore et qui est une véritable leçon d’optimisme :

Derrière la saleté
S’étalant devant nous
Derrière les yeux plissés
Et les visages mous
Au-delà de ces mains
Ouvertes ou fermées
Qui se tendent en vain
Ou qui sont poing levé
Plus loin que les frontières
Qui sont de barbelés
Plus loin que la misère
Il nous faut regarder

Il nous faut regarder
Ce qu’il y a de beau
Le ciel gris ou bleuté
Les filles au bord de l’eau
L’ami qu’on sait fidèle
Le soleil de demain
Le vol d’une hirondelle
Le bateau qui revient

Par-delà le concert
Des sanglots et des pleurs
Et des cris de colère
Des hommes qui ont peur
Par-delà le vacarme
Des rues et des chantiers
Des sirènes d’alarme
Des jurons de charretier
Plus fort que les enfants
Qui racontent les guerres
Et plus fort que les grands
Qui nous les ont fait faire

Il nous faut écouter
L’oiseau au fond des bois
Le murmure de l’été
Le sang qui monte en soi
Les berceuses des mères
Les prières des enfants
Et le bruit de la terre
Qui s’endort doucement

Cherche auteur désespérément (4ème)

Angel Robinson a l’impression de vivre un rêve. Elle qui ne jure que par les livres vient de décrocher un poste d’assistante dans la plus célèbre agence littéraire des États-Unis. Mais elle découvre rapidement qu’il faut composer avec une patronne hystérique, des collègues lunatiques et des auteurs capricieux. Elle réussit pourtant, grâce à son sens littéraire hors pair, à se rendre indispensable et repère plusieurs projets intéressants. Un en particulier, le roman d’un auteur anonyme, livré chapitre par chapitre. Angel tombe sous le charme au gré des envois du mystérieux écrivain. Jusqu’au jour où elle comprend que le texte s’inspire de sa propre vie…

Un éloge pétillant des plaisirs de la lecture, un roman jubilatoire qui devrait séduire tous les amoureux des livres.

Difficile de résister à une telle présentation lorsque l’on s’est inscrit au challenge Le nez dans les livres ! Il ne reste plus qu’à espérer que l’attente ne sera pas déçue !